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Le 9 mars 2021 par Michelle Debra

Vincerò est né, et c’est le premier Concours d’opéra italien. Il est créé cette année en l’honneur et en mémoire du grand ténor Enrico Caruso décédé il y a 100 ans.
Sous le Haut Patronage du Ministère italien de la Culture, le Concours s’adresse aux chanteurs des cinq continents. Son objectif est de diffuser la culture musicale et de découvrir de nouveaux talents.
Après deux sélections internationales, la finale se déroulera à Naples les 29, 30 et 31 octobre 2021 (grand gala avec orchestre en live streaming).
Les finalistes se présenteront devant un jury composé des directeurs artistiques et surintendants de onze théâtres de renommée internationale : Teatro alla Scala de Milan, Metropolitan Opera House de New York, Festival de Salzbourg, Royal Opera House Covent Garden à Londres, Teatro Real à Madrid, Opéra National de Paris, Teatro de la Monnaie à Bruxelles, Théâtre National à Prague, Deutsche Oper à Berlin, Semperoper à Dresde, Théâtre Bolchoï à Moscou. Présidé par Dominique Meyer, surintendant à La Scala (Milan), le jury est complété par six représentants d’importantes publications et de magazines musicaux internationaux dont Crescendo Magazine en la personne de son rédacteur en chef, Pierre-Jean Tribot.

A l’origine de Vincerò, il y a l’association culturelle Euro Artists et son directeur artitique Angelo Taddeo: “Nous sommes la patrie de l’Opéra, un art que nous avons exporté dans le monde entier, mais jusqu’à présent nous n’avions jamais eu un concours aussi vaste, digne de notre grande histoire musicale. Donner des chances égales aux nouveaux talents de l’opéra, au-delà des distances géographiques, politiques, culturelles, économiques et religieuses.
Dominique Meyer s’est dit heureux de faire partie de cette initiative : Nous choisirons des chanteurs ambassadeurs de la beauté et de la musique, capables de créer les émotions que nous aimons tant à l’opéra.

S’annonce donc un Concours passionnant, tout entier placé sous la bannière du Bel Canto, qui s’inscrit désormais dans le monde de l’Opéra International.

L’inscription, réservée aux chanteurs nés entre 1985 et 2003, est ouverte jusqu’au 20 mai 2021. Toutes les informations et modalités d’inscription sont disponibles sur le site: www.vincerocompetition.org “

Pour les plus jeunes
Le ténor italien Enrico Caruso (Naples,  1873- 1921) est la première star mondiale de la musique grâce au disque, et en particulier à la société anglaise Gramophone Company et ses déclinaisons locales. Pour certains critiques, il reste encore “le plus grand chanteur d’opéra de tous les temps”.

Élevé à Naples dans une famille pauvre de sept enfants, il fait d’abord partie de la chorale de sa paroisse. Comme son père, à l’âge de 10 ans, il commence à travailler comme mécanicien puis comme ouvrier dans une fabrique de tissu et, le reste du temps, il s’adonne à la chanson populaire dans les restaurants de la ville.
Il suit les cours de Guglielmo Vergine pendant trois ans mais, s’il maîtrise mieux la technique vocale, il a du mal à déchiffrer une partition, ne joue d’aucun instrument et chante essentiellement d’oreille.
A 22 ans, il fait ses débuts dans L’Amico Francesco de Domenico Morelli et il est repéré par des impresarios : il endosse rapidement ses premiers rôles dans Cavalleria rusticanaFaustRigoletto et dans La traviata, une oeuvre qui marquera aussi sa vie sentimentale puisqu’il s’éprend de sa partenaire et qu’ils auront deux fils.

En 1898, il crée Fedora d’Umberto Giordano sous la direction du compositeur. Un succès qui lui vaut de nouvelles propositions de contrats. Son expérience de la scène et de nouveaux cours de chant auprès de Vincenzo Lombardi lui permettent de progresser encore, au point de susciter l’admiration de Puccini qui lui fait passer une audition, et de Toscanini qui l’engage en 1900 pour interpréter La Bohème à la Scala. Sa voix chaude et puissante lui vaut une réputation qui dépasse les frontières : il chante à Covent Garden dès 1902 et donne des concerts aux États-Unis.

Son premier enregistrement est réalisé sur un gramophone en 1902, dans une chambre d’hôtel de Milan. Suivront 487 autres : les airs “traditionnels” parmi lesquels Una furtiva lagrima (L’elisir d’amore), Addio a NapoliCubaRachel, Quand du seigneur (La Juive), Celeste Aida (Aida), Amore o grillo (Madame Butterfly) avec Antonio Scotti, Vesti la giubba (I pagliacci) ou Libiamo ne’ lieti calici (La traviata) avec Alma Gluck. Il chante en français, en espagnol, en anglais, en italien et en latin.
Ses enregistrements ont fait de Caruso un modèle universel pour des générations de ténors, et sa réputation a joué un rôle majeur dans le succès social et économique du phonographe, écrit le New York Times.

Les concerts américains marquent l’apogée de cette carrière hors du commun. En 1903, il est acclamé dans Rigoletto au Metropolitan Opera (New York) qui devient sa scène préférée et où il crée plusieurs grands rôles de ténor. En 1906, il joue Carmen à San Francisco quand le grand tremblement de terre met la ville à mal.

Si sa vie conjugale se délite, il poursuit sa carrière. Mais il rencontre des problèmes de santé : bronchites, angines et migraines et, en 1909, il est opéré d’un nodule sur une corde vocale.
Pour échapper à la guerre, il entame une tournée en Amérique du Sud de 1917 à 1919, participant à une collecte de fonds en faveur des alliés. Il y rencontre la jeune Américaine Dorothy Park Benjamin qu’il épouse en 1918.
Mais à partir de 1920, sa santé ne lui laisse plus guère de répit : pleurésie, infection généralisée, six opérations en trois mois et il se blesse au rein gauche lors d’une représentation de Samson et Dalila au Met. Il retourne alors à Naples où il meurt de septicémie le 2 août 1921, à l’âge de 48 ans.
Les hommages posthumes sont sans fin et sans frontières. Ainsi, depuis 2013, un cratère de la planète Mercure est nommé Caruso, et l’astéroïde 37573 est baptisé Enricocaruso.

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